Majorque à pied : la Serra de Tramuntana (GR221)

8 jours de randonnée itinérante sur la Ruta de Pedra en Sec ou route de la pierre sèche (GR221) : 160 km en solo, bivouac et gîte. La Serra de Tramuntana d’ouest en est, de Port d’Andratx à Pollença. 
[Mai 2024]

Remarques

Une météo anormale pour un mois de mai à Majorque : pluie les deux premiers jours, vent fort toute la semaine. Cela m’a considérablement compliqué la tâche pour le bivouac. À l’heure où je publie cet article, c’est-à-dire un mois après la randonnée, Majorque subit des inondations désastreuses en raison de pluies torrentielles. Décidément, quelque chose ne tourne pas rond avec le climat…

Durée du parcours : pour un marcheur ordinaire, l’intégralité du GR221 se fait en 9 à 10 jours, pas en 8 jours. J’ai dû faire de l’auto-stop pour sauter une étape que je n’ai pas eu le temps de faire. Pour les marcheurs ou coureurs de l’extrême (comme mes camarades tchèques, cf. jour 3), le sentier peut être parcouru en 3 à 5 jours.

Jour 1 – Port d’Andratx / Sant Elm

À l’arrêt de bus de Palma (Plaça Progres, bus 101) en direction de Port d’Andratx, je fais la connaissance de Julielynne. Malgré la pluie, nous sommes de bonne humeur et amorçons ce périple d’une semaine avec le sourire, pleines d’entrain.

En prenant de la hauteur et sous le crachin, le paysage se dévoile. Beauté pure, la Méditerranée en majesté, inondée de pinède. Une mer de verdure, des roches multicolores, un chœur d’oiseaux.

J’hésite à pousser au-delà de Sant Elm afin de passer la nuit dehors, mais par ce temps venteux et pluvieux, la gentille Julielynne me propose de rester et de partager sa chambre d’hôtel. J’accepte volontiers et nous passons une agréable soirée dans la joie et l’amitié.

Jour 2 – Sant Elm / Coll de Sa Gramola || Banyalbufar / Esporles

Après avoir passé d’excellents moments avec Julielynne, voici venu le moment de nous séparer. Aux alentours de 11 heures, je reprends donc ma route vers les hauteurs.

En arrivant au refuge (inachevé) de la Trapa, je surplombe l’île de Sa Dragonera qui ressemble à s’y méprendre à un dragon couché. J’embrasse du regard le doux velours chatoyant de la Méditerranée, toile azurée de mes désirs. Comment ne pas te revenir perpétuellement, boussole bleutée, phare obsédant de ma géographie personnelle ?

Les panoramas s’enchaînent dans un défilé de splendeurs : calanques, montagnes, falaises… L’une des plus remarquables portions de ce GR221.

En atteignant le parking de Coll de Sa Gramola, qui rejoint la route principale MA-10, je choisis de ne pas me rendre à pied jusqu’à Banyalbufar. En effet, je me suis peu renseignée avant de commencer cette randonnée, que j’estimais à 8 jours de marche, mais il s’avère que Julielynne a calculé une durée de 10 jours, beaucoup plus réaliste. Je dois faire une coupe dans l’itinéraire, et je décide donc de sacrifier cette portion montagneuse qui longe régulièrement la route principale et ne dispose d’aucun ravitaillement en eau et en nourriture.

J’envisage de faire du stop sur le parking. Coup de chance, ma bonne étoile veille sur moi, en la personne d’un jeune allemand en goguette qui a loué un scooter. En 3 minutes montre en main, il accepte de m’emmener jusqu’à Banyalbufar (sans trop savoir où aller). 25 minutes décoiffantes plus tard (pas de casque, pas de lunettes, sac à dos de 30 litres sur les épaules), j’atterris à Banyalbufar où je remercie mon chauffeur anonyme.

Banyalbufar

La portion de sentier entre Banyalbufar et Esporles est un chemin pavé carrossable, historique, très élégant mais peu confortable.

À la suite d’une très longue journée, j’atteins l’adorable village d’Esporles peu avant la nuit. L’auberge de backpackers Sa Fita est accueillante et jouit d’une vue splendide sur la vallée. Nous ne sommes que deux dans un dortoir de six. Une nuit revigorante m’attend !

Jour 3 – Esporles / Refugi de Son Moragues

Le risque de pluie est écarté, mais le vent continue de souffler très fort et à partir d’aujourd’hui, je dors à la belle étoile. Il va falloir la jouer stratégique.

Esporles

Le début d’étape serpente sur les chemins forestiers, puis prend de la hauteur. La vue sur le village et la vallée, au niveau du col, est somptueuse. Un panorama idéal pour casser la graine.

Maintenant que la pluie a cessé, je délaisse les hébergements en dur. Je me sens plus sereine et plus libre. À moi les pauses contemplatives et les vagabondages poétiques !

Sur le sentier, je repère de nombreuses cabanes en pierre, plus ou moins protégées du vent, où je me verrais bien passer la nuit. Mais il est trop tôt, car je dois poursuivre après Valldemosa. La descente vers le village est soutenue et fort pentue ! D’un côté, on voit Palma : sa cathédrale, son port et ses édifices se dessinent nettement sur la grande plaine. De l’autre côté, la côte escarpée de la Serra de Tramuntana.

Valldemosa est un beau village très touristique, dans lequel je ne souhaite pas m’attarder. J’interroge deux marcheurs tchèques, un homme et une femme de mon âge, qui s’apprêtent visiblement à passer la nuit dehors. Il me montrent l’application tchèque Mapy.cz (sur laquelle je lorgne depuis fort longtemps sans l’avoir encore téléchargée) et l’emplacement de toutes les cabanes non gardées sur le parcours.

Valldemosa

Après m’être ravitaillée en eau et en nourriture au supermarché, je pique droit vers les sommets et m’enfonce dans la forêt. Le ciel se couvre, il vente et il commence à pleuvoir. Je me dis que le refuge que les Tchèques m’ont montré sur la carte fera l’affaire cette nuit. Après une interminable montée en lacets, très raide, je parviens péniblement à la cabane où je retrouve ma paire de Tchèques, à laquelle se joint un autre Tchèque une heure plus tard.

La cabane est fermée à clé, mais nous installons nos matelas sous un préau semi-ouvert (deux murs sur quatre, avec une cheminée en coin). Je souffre plus du froid que mes camarades d’Europe centrale, mais ils m’ont gentiment attribué l’emplacement le plus près de la cheminée. C’est dans cette atmosphère de forêt de Bohème, très bon enfant, que nous tentons de faire du feu avec ce qui nous tombe sous la main. Nous y parvenons sans trop de mal, mais faute d’aliment, le feu ne dure pas longtemps. Avec le vent en rafales, la température ressentie cette nuit est proche de zéro. Difficilement prévisible en ce début de mois de mai à Majorque !

Jour 4 – Refugi de Son Moragues / Muleta (Port de Sóller)

La nuit a été froide, mais j’ai à peu près bien dormi grâce à mon fidèle duvet de montagne (le Mirage de Valandré). Après avoir quitté mes camarades tchèques, je repars du refuge, d’humeur guillerette. La matinée promet d’être belle et la lumière dans les feuillages me donne des ailes. Vert lumière, ma couleur préférée.

J’atteins la crête par le sentier dénommé Cami de l’Arxiduc, et là, la beauté me cloue sur place. Bon, d’accord, la beauté… et le froid ! Bonnet sur la tête, écharpe sur le nez et tout le nécessaire pour ne pas finir congelée. Sur la crête, le vent est glacial, mais quel panorama à couper le souffle !

Face à cet océan de beauté, je mange pour reprendre des forces avant la grande descente vers Deia : presque 1000m D-, relativement à pic.

La première partie de la descente, avec cette même vue panoramique, est à ce jour la plus belle descente en randonnée de ma vie. Je n’ai pas souvenir d’une descente aussi spectaculaire ! J’embrasse la mer à 360° : c’est l’avantage de randonner sur une île.

L’arrivée à Deia, comme dans chaque village de la Serra (à l’exception notable d’Esporles), me permet d’apprécier les polarités de l’ouest de Majorque : un village coquet, très léché, perché sur de vertes collines et parcouru par des groupes de touristes européens à fort pouvoir d’achat. Deia exhibe fièrement ses magasins de poterie, ses ateliers d’artisanat traditionnel, ses boutiques d’alimentation bio et ses restaurants végans. Je me demande où sont passés les habitants. Et en réalité, je connais la réponse : ils vivent soit dans la banlieue de Palma, soit dans l’arrière-pays.

De fait, à chaque fois que je quitte un village, c’est pour mieux retrouver l’atmosphère majorquine sur le visage des habitants. Un visage âpre et gorgé de soleil. Je parle du visage des autochtones, pas des nombreux expatriés allemands, bien sûr !

Je m’offre une fin de journée tout en douceur, dans les oliveraies, parmi les chèvres et les brebis, et élis domicile dans la pinède qui surplombe le refuge de Muleta et le port de Sóller. Nuit douce et paisible sous un pin, à la lueur du port et des étoiles.

Jour 5 – Muleta (Port de Sóller) / Sóller

Je me réveille à l’aube et le ciel devient gris, jaune pâle puis bleu. Je traverse la pinède et atteins le refuge de Muleta, puis le phare qui marque l’entrée de la petite baie du port de Sóller.

Comme j’ai peu de distance à parcourir aujourd’hui, je me dis que plonger dans le parc naturel serait une excellente idée. Je me rends donc au club Sóller Divers, au bout du môle, pour effectuer deux plongées le long des falaises de la Serra de Tramuntana.

Port de Sóller

La première plongée est plutôt intéressante : nous apercevons des murènes, des rascasses et une grosse pieuvre nichée dans un creux de la paroi sous-marine. En revanche, la seconde plongée ne présente aucun intérêt, hormis le joli fond d’algues dorées. C’est l’occasion pour moi de travailler ma flottabilité. Par ailleurs, à 18 mètres de profondeur, j’enlève le détendeur de ma bouche d’un geste involontaire. Mais je ne panique pas, et au bout de dix secondes, répétant une technique que j’ai apprise dans le niveau 1 Open Water, je parviens tranquillement à le replacer dans ma bouche afin de pouvoir respirer sous l’eau. Un geste accidentel qui me permet de renforcer ma propre confiance de plongeuse, car je suis d’un calme à toute épreuve ! Ma binôme (Claire) me dit ensuite qu’elle pensait que j’avais ôté mon détendeur pour lui faire une blague… Ah, ces Françaises, quelles farceuses !

À l’occasion de ces plongées, je fais également la connaissance de Lotte, une jeune néerlandaise fraîche et souriante, avec laquelle je décide de passer l’après-midi après avoir appris que nous allons loger dans la même auberge. Nous prenons le tramway de bois, d’une autre époque et très prisé des touristes, afin de nous rendre du port au village de Sóller. Singulièrement enclavé, coupé du reste de l’île jusqu’au début du XXIe siècle, Sóller révèle de surprenantes influences architecturales (de Gaudi au sud de la France, en raison de l’émigration importante des villageois vers la Catalogne et la France à la fin du XIXe siècle). Ce n’est pas le plus beau village de la Serra selon moi, mais certainement le plus original !

Avec Lotte, nous passons la fin d’après-midi à refaire le monde sur la terrasse d’un café de la place principale de Sóller, en sirotant un jus d’orange pressé. Que la vie est simple quand nous le voulons bien !

Jour 6 – Sóller / Gorg Blau

Lotte m’accompagne pour la première partie de mon étape du jour. Nous sommes en harmonie et je ne ressens pas de différence culturelle entre nous. Lotte, quelle beauté, quel soleil ! Tu as tout pour être heureuse, car les ressources sont en toi. Il te suffit de lâcher prise et de laisser passer la lumière. Je te transmets mon flambeau pour que tu puisses briller à ton tour. Nous sommes tous les uns pour les autres des bougies, des phares, des passeurs de flamme.

Je poursuis mon ascension alors que Lotte redescend vers Sóller. En chemin, je fais de nombreuses pauses sous les pins qui m’offrent, généreux, leur ombre. Enveloppée dans ma douce solitude, je ne vois pas les deux adolescents qui viennent s’asseoir près de moi. C’est étrange, me dis-je, ils auraient pu s’asseoir n’importe où, mais il a fallu que ce soit là. L’un des deux commence à me parler. Il me dit qu’il veut se rendre au sommet, peu importe le chemin. Je leur indique la direction et, malgré leur fatigue, les deux garçons repartent à la conquête des cimes. Puis je les perds de vue.

Deux heures plus tard, assise sur un rocher, écrivant ces lignes dans mon carnet, je revois les deux garçons. Je leur demande comment ils se sont retrouvés derrière moi alors qu’ils me précédaient dans la montée. Il me répondent qu’épuisés, ils ont fait une longue pause dans un recoin ombragé. Le plus extroverti des deux, toujours le même garçon, Carlos, me dit : je veux atteindre le sommet, mais je n’en peux plus. S’il te plaît, guide-nous, nous te suivons.

Évidemment, je ne vais pas laisser ces deux adolescents dans le pétrin. Je range mon carnet et mon stylo, et c’est reparti. Les pauvres petits, ils sont épuisés. Quelle force de volonté ! Je les félicite pour leur courage et leur motivation. Combien d’adolescents décident de délaisser leurs écrans pour se rendre au sommet d’une montagne, sans l’aide d’un adulte ?

Felipe, le plus introverti, se contente d’acquiescer en hochant la tête. Carlos parle pour deux : mon rêve, c’est d’aller un jour au sommet de l’Everest. Je lui réponds : c’est bien d’avoir des rêves dans la vie, mais pourquoi ce rêve-là ? Ce qui te motive, c’est l’Everest ou l’idée que tu te fais de l’Everest, ou même l’idée que s’en font les autres ? Es-tu sûr qu’il s’agit de ton rêve ? Que cela te rendra heureux ?

Aux cadets

Car il est des montagnes
qui ne sont pas plus hautes,
mais belles et émouvantes,
elles vous laissent au cœur
une cime indélébile.
 
Ainsi du Teide
et de son toit de sucre,
ainsi du Puy Mary
et du Puig Campana
qui m’ont enveloppée
de leur géographie,
à jamais imprimée.
 
Rien ne sert de se rendre
à l’autre bout du monde
pour se convaincre enfin
que le sublime
le fantastique
le merveilleux
se trouvent
littéralement
sous nos yeux.

Carlos me dit : tu as raison. Peut-être qu’un jour, j’irai au sommet de l’Everest, et que je me rendrai compte que cela a moins de prix que ce jour que nous passons ensemble, aujourd’hui, dans la Serra, sur mon île. (Et moi d’écraser discrètement une petite larme au coin de l’œil.)

Arrivés au col en savourant une vue imprenable sur le Puig Mayor et le lac de Cúber, je mets les deux garçons sur le chemin de leur sommet et je leur souhaite bonne chance. Pas seulement aujourd’hui, me dis-je intérieurement. Dans la vie en général.

Le cœur empli de bonnes énergies, je me dirige vers le lac de Cúber. J’y ai repéré un beau refuge non gardé pour y passer la nuit. Mais il y a un problème : il n’y a pas d’eau potable aux alentours. Et j’y arrive beaucoup trop tôt, aux alentours de 15h30. Je pourrais continuer d’avancer…

En attendant, je mange paisiblement mes dernières victuailles à une table de pique-nique du refuge quand je me retrouve encerclée par un groupe d’Allemands du troisième âge. Visiblement, ils ont décidé de passer coûte que coûte une demi-heure en ce lieu, que j’y sois ou non. Ils s’installent de part et d’autre de la table, s’esclaffent bruyamment et me posent des questions de boomers, comme : vous dormez dehors, mais vous n’avez pas peur ? Et moi de répondre : peur de quoi, des groupes de touristes ? J’essaie de garder mon calme et de profiter de la vue. Au bout d’une demi-heure, ils me quittent enfin. J’achève mon repas et décide de poursuivre ma route vers le lac de Gorg Blau.

Sur cette portion de GR221, les points d’eau potable sont très rares, donc mieux vaut les repérer à l’avance pour ne pas les rater. Je me ravitaille à la Font des Noguer avant de chercher un coin pour bivouaquer.

En surplomb du lac de Gorg Blau, je longe une interminable rigole en béton qui sert à acheminer l’eau. Des tronçons de rigole isolés sont disséminés ça et là. Quel décor original pour un bivouac, me dis-je.

J’attends de trouver un recoin à l’écart du sentier pour m’installer dans l’un de ces tronçons de rigole en béton. Il y a beaucoup de brebis dans les parages, mais entre les parois de la rigole, je suis bien protégée du vent et des éventuels intrus. Cela devrait faire l’affaire pour cette nuit, claire et étoilée.

Jour 7 – Gorg Blau / Lluc

Je vais être brève dans le récit de ces deux derniers jours, car j’écris ces lignes a posteriori, un mois après la randonnée. J’ai vécu ces deux jours avec tant d’intensité que je n’ai pas eu le temps de les consigner dans mon carnet.

La première partie de l’étape est une belle ascension à travers la forêt jusqu’au coll des Prat, qui marque l’arrivée dans le nord de l’île. Visuellement, je me régale bien que le manque d’eau se fasse sentir. De nombreuses fontaines indiquées sur la carte et par les panneaux sont à sec. Heureusement, un filet d’eau au fond d’une petite grotte de pierre sauve ma matinée. Je dois me coucher sur le rebord et attendre patiemment, le bras tendu, que ma petite bouteille se remplisse du plus précieux liquide sur Terre.

Oui, il y a de l’eau au fond !

Au coll des Prat, je contemple les trois pointes du nord de Majorque que je reconnais aisément, pour y avoir passé quelques jours l’année d’avant. Il s’agit (évidemment) de l’un des plus beaux panoramas de la Serra de Tramuntana.

Je fais la connaissance d’un couple de retraités d’Annecy, Guy et Marie : 50 ans d’expérience sur les sentiers et à la belle étoile. Nous partageons de nombreuses anecdotes et conseils dans la descente vers Lluc. Si un jour j’ai la chance de fêter mes 70 ans, j’espère vraiment être capable d’accomplir ce qu’ils sont en train d’accomplir !

Nous visitons le superbe monastère de Lluc et allons au refuge de Son Amer, non loin de là, pour y passer notre dernière nuit sur le GR221.

Jour 8 – Lluc / Pollença

Après le petit-déjeuner, je laisse Guy et Marie au refuge afin d’achever la dernière étape à une heure raisonnable. En effet, je prends l’avion à Palma le soir même et je compte prendre le bus de Pollença à Alcudia, puis d’Alcudia à l’aéroport de Palma.

Je dois reconnaître que cette dernière étape entre Lluc et Pollença n’est pas la plus intéressante. Les paysages restent beaux, mais il y a peu de vues dégagées. Le ciel se couvre et je descends plusieurs heures en pente douce, dans la forêt puis sur la route. S’il fallait sauter une étape, ce serait certainement celle-ci.

Heureusement, les chèvres me tiennent compagnie et je me perds dans mes pensées (à défaut de me perdre sur la route, ce qui semble impossible).

J’atteins Pollença au bout de 8 jours et 160 kilomètres de marche. Fatiguée mais ravie, je casse la graine dans le centre historique de Pollença (comme l’année d’avant, avec une impression de déja vu) avant de quitter la Serra de Tramuntana, joyau incontesté de l’île de Majorque.

Le GR221, un sentier superbe de bout en bout !

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