Année 2 : Équateur & Colombie
Côte caraïbe (Taganga, Santa Marta, Barranquilla, Carthagène) et Sierra Nevada de Santa Marta (Tayrona, Minca, Ciudad Perdida)
Un mois et demi de farniente, de plongée et de randonnée [Février – Mars 2024]
Taganga
Taganga est un petit village de pêcheurs de la côte caraïbe, idéalement situé entre Santa Marta (capitale du département du Magdalena), le parc national Tayrona et la Sierra Nevada de Santa Marta. Dans les années 2010, Taganga a eu mauvaise réputation en raison de son tourisme axé sur la fête, les beuveries et la drogue. Depuis le Covid, la situation a bien changé et Taganga attire désormais des familles de la classe moyenne colombienne.

Contrairement aux voyageurs pressés, lorsque je débarque dans un village qui me plaît, j’aime y poser mon sac à dos pendant un mois entier et simplement profiter. À Taganga, mon programme initial consiste à travailler sur la terrasse, bouquiner dans le hamac, nager le dos crawlé dans la baie et boire des jus de lulo. Activités auxquelles je m’adonne avec délice (malgré les fortes chaleurs, 35°C à midi).






C’est alors que la plongée s’invite dans mon programme de farniente. Peu après mon arrivée, des Français rencontrés dans un bus me disent que le village de Taganga est connu pour être l’un des spots de plongée les moins chers du monde. Et qu’ils viennent de passer le niveau 1 (Open Water) du PADI avec un excellent instructeur français installé à Taganga, à savoir Sébastien (La Mer Diving School). Je me dis que je pourrais faire de même, car j’ai tout mon temps. En voilà une aubaine ! Quelques jours plus tard, c’est parti pour les cours théoriques, une matinée en piscine et 4 plongées en mer jusqu’à 18 mètres de profondeur.










Je me sens tellement heureuse sous l’eau et bien encadrée par Sébastien et Lili (les deux instructeurs de La Mer Diving School) que la semaine d’après, j’enchaîne avec les 5 plongées de spécialisation qui constituent le niveau 2 (Advanced) du PADI : plongée de nuit, plongée en dérive, plongée profonde à 30 mètres, flottabilité et orientation sous-marine. Je me sens déjà nettement plus à l’aise et plus autonome, ce qui me permet de m’amuser, aussi bien à la surface que sous l’eau ! Je ne me lasse pas d’admirer les fonds marins du parc national Tayrona : hippocampes, langoustes, seiches, murènes, poissons-anges, poissons-vaches, poissons-pierres, coraux… C’est le début d’une passion pour la plongée !

















Barranquilla
Lors de mon premier week-end sur la côte caraïbe, je m’invite à la dernière minute au carnaval de Barranquilla grâce à ma complice Chloé, qui nous déniche un bon plan de derrière les fagots. Quelle chance ! En cette période de carnaval, il est très difficile de trouver un logement à un prix abordable.
Le carnaval mérite sa réputation de deuxième plus important carnaval d’Amérique du Sud (derrière Rio, bien sûr) : la dévotion et l’engagement de la part des habitants de la ville sont impressionnants, non seulement dans les défilés, mais également dans la décoration des rues et les micro-événements de quartiers organisés un peu partout. Le carnaval de Barranquilla possède une identité forte : les costumes, les symboles, les chorégraphies et les instruments de musique sont caractéristiques de Barranquilla et de la côte caraïbe.







Amoureuse de musique et de danse colombiennes, de la salsa au merengue, de la cumbia au vallenato, je n’aurais manqué pour rien au monde l’événement nocturne Baila la Calle / Festival de orquestas. Tout un quartier de la ville transformé en piste de danse à ciel ouvert. 6 heures de musique live par les meilleurs orchestres et groupes de Colombie, avec comme invité spécial Tito Nieves (excusez du peu). Probablement la plus grosse fête de ma vie !


🎶 En Barranquilla me quedo… 🎶
Santa Marta
Taganga est un faubourg de la ville de Santa Marta (400 000 habitants), capitale du département du Magdalena, première ville fondée à l’époque coloniale et lieu du décès de Simon Bolivar (un événement immortalisé par Gabriel Garcia Márquez dans sa biographie romancée du Libertador, Le Général dans son labyrinthe).
Le musée de l’or/musée de la ville de Santa Marta vaut le détour (très belle collection d’orfèvrerie précolombienne liée aux ancêtres Tayronas, explications concernant le mode de vie actuel des communautés indigènes, etc.).



Le petit centre colonial est préservé, les restaurants, bars et boutiques de vêtements sont sympas; en revanche, la plage du centre-ville est très industrielle. Mieux vaut ne pas s’attarder dans les rues après 23h, car la fréquentation change du tout au tout.





Tayrona
Dimanche 5h30, marché central de Santa Marta. On me prévient à la dernière minute que personne d’autre ne viendra. Tant pis, j’y vais quand même ! Je monte dans le premier bus de la journée qui part à 6h. Le bus est plein à craquer et les gens sont debout. Vallenato et merengue à fond les ballons !
Nous arrivons au péage marquant l’entrée officielle du parc national Tayrona. Le chauffeur s’exclame : Alicia, mi amor! Alicia, mi vida! Alicia, preciosa! Mais, inflexible, la belle Alicia collecte son dû.

Afin d’éviter la cohue des touristes, je décide de m’arrêter à Calabazo, la première et la moins connue des entrées du parc. Après avoir déboursé 80 000 COP (20 €) de droits d’entrée, j’entame une superbe randonnée entre Calabazo et Playa Brava, en passant par La Cima et El Pueblito. Dans un énorme vacarme, la forêt luxuriante se jette dans la mer. Grandiose !






En une journée, je croise (à tout casser) dix touristes. En particulier Bertrand le Québécois qui me dit : « garde ton sourire, pour tous les Français qui ne sourient pas ! »

Ciudad Perdida (Teyuna)
À la fin de mon mois à Taganga, je dépose mon fidèle sac à dos de 30 litres à l’agence de voyage Wiwa Tours située dans le centre colonial de Santa Marta, je coupe mon téléphone et je me lance dans l’une des expériences les plus bouleversantes de ma vie (à ce jour). Lifechanger, comme disent les anglo-saxons.

4 jours de marche dans la jungle en quête de la Cité perdue (en espagnol, Ciudad Perdida; en Wiwa, Teyuna) au cœur de la Sierra Nevada de Santa Marta.












4 jours d’échanges avec notre guide Wiwa, au contact des communautés indigènes Wiwa et Kogui, héritières des ancêtres Tayronas qui ont disparu quelques décennies après avoir bâti la Cité perdue (en raison de l’arrivée des colons espagnols).



Une expérience inspirante sur tous les plans : naturel, culturel, humain, spirituel et bien évidemment, poétique.

Avant l’aube, seul existait le monde des esprits.
L’aube représente l’incarnation du monde des esprits dans le monde matériel.
Il y a un avant et un après la Cité perdue.

Minca
Après la grande aventure de la Cité perdue, je ressens le besoin de me ressourcer et de me reposer. Rester 3 jours à Minca, dans la Sierra Nevada, me permet d’assurer une transition douce entre le silence des montagnes et le bouillonnement de Carthagène des Indes, dernière étape d’un long voyage de 5 mois.





La Casa Pistacho, B’n’B à l’ancienne tenu par Pierre, un Français installé à Minca depuis plusieurs années, est un choix judicieux mêlant repos et dépaysement. Ce ne sont pas les cascades de Minca qui m’impressionnent (j’en ai vu de plus belles dans la Sierra Nevada…), mais plutôt sa flore (les cocotiers côtoient les pins) et sa faune (colibris, toucans, singes).



Carthagène des Indes
Pour terminer en beauté, me voici à Carthagène des Indes ! De Carthagène du Levant, reine d’Hispanie, à Carthagène du Ponant, perle des Caraïbes. L’empire sur lequel le soleil ne se couche jamais.

Carthagène des Indes est une véritable fournaise. Les plus fortes chaleurs que j’aie eu à affronter pendant ces 5 mois : 35°C à 40°C en permanence, même la nuit.

Je suis séduite par Carthagène des Indes, ville pleine de contrastes et de polarités. Riche d’un lourd passé, enfermée dans sa baie et bien défendue, comme son aînée. Capitale du trafic d’esclaves à l’époque coloniale, fière à présent de son ascendance africaine, Carthagène des Indes dégage une allégresse toute caribéenne.









La modernité y côtoie la tradition, la richesse la pauvreté, la lourdeur la légèreté.

Une ville de pierre, de mangrove et de voiliers. Facile de m’y sentir chez moi !

La belle Carthagène des Indes est parée d’innombrables îles, dont les îles coraliennes du Rosaire (Islas del Rosario) et ses plages paradisiaques. L’unique plage publique de l’Île grande (Isla Grande), dénommée Plage libre (Playa libre), offre à tous ses visiteurs d’agréables perspectives de farniente.





Épilogue
Après un mois à Quito, un mois et demi aux Galápagos, un mois à Bogotá et un mois et demi sur la côte caraïbe, il est temps pour moi de regagner le Vieux Continent.



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